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Esthétiques du "roman-théâtre" chez Angela Carter
註釋Ce travail étudie les esthétiques de la théâtralité dans les romans d’Angela Carter à partir du « roman-théâtre » défini par Anny Sadrin. Le roman cartérien se caractérise par son oscillation entre deux grands modèles esthétiques théoriques du théâtre, présence et représentation, définis par la place du spectateur. La première partie examine la notion picturale de tableau, empruntée par le roman sous la forme de l’ekphrasis, et par le théâtre avec le tableau vivant. La coexistence problématique des arts du temps et de l’espace dans le roman assure le passage de la nature morte au tableau vivant : dans le récit, l’image manifeste un corps animé et maintient la lecture en tension entre distance et proximité. La seconde partie étudie la conception théâtrale du corps chez Carter, qui puise paradoxalement aux racines sacrificielles de cet art pour permettre au sujet d’y trouver un espace de liberté. Matériel, mortel, mais relevant du langage, le corps permet au sujet de se produire en jouant des signes, ce qui implique une vision anti-essentialiste du genre (gender). Elle repose sur un rejet de l’assimilation du féminin au corps matériel, motivant une critique du carnavalesque bakhtinien. L’étude du corps représenté dans les romans permet d’examiner, dans la troisième partie, comment le corps devient un mode de relation avec le lecteur, sous l’espèce du simulacre. Simulacres de présences corporelles, les voix elles-mêmes simulées par le texte maintiennent le lecteur en équilibre instable entre présence et absence. Critiquant les théories féministes de la voix, le « roman-théâtre » cartérien appelle pourtant une mise en voix où le lecteur se produit tel un acteur.