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La caméra-sabre
Sylvie Jacob Lopez (auteure en sémiologie).)
Université Paris Diderot - Paris 7 (1970-2019).
其他書名
Kurosawa Akira ou la Voie de Barberousse
出版
éditeur inconnu
, 2016
URL
http://books.google.com.hk/books?id=7mS3nQAACAAJ&hl=&source=gbs_api
註釋
Quand on parle d'un film, de quoi parle-t-on ? Quand l'analyse filmique propose une lecture méthodique, selon des règles et un vocabulaire adapté, que propose-t-elle au juste ? La terminologie qu'elle convoque est-elle adaptée au cinéma, ou façonne-t-elle le film qu'elle prend pour objet ? Tant que l'analyse filmique n'interroge pas les termes de son énonciation, elle laisse la pensée du cinéma s'élaborer sur un impensé qui la conditionne et limite sa mobilité. Redonner au regard une mobilité, en le dégageant du point de vue qui le fixe, est l'ambition première de notre travail. C'est à cette condition que l'apport d'un film comme Barberousse, réalisé en 1965 par Kurosawa Akira, peut être saisi. Sous la mise en scène du récit, dont l'analyse filmique peut s'emparer, Barberousse met en jeu une respiration primordiale qui échappe aux catégories de l'analyse. C'est en cela un film martial, car, à l'instar de la peinture ou de la calligraphie, il sait restituer le souffle sur lequel la pratique martiale est centrée. Or, le souffle, sans forme, décourage les définitions. Issu de l'alliance qui combine le vide et le plein, il décourage la décomposition dont la composition a besoin. L'équilibre qu'il donne au film ne peut être saisi que par une approche nouvelle, hors du cadre fixé par l'analyse. Ainsi, le cinéma devient autre chose que la matière sur laquelle la pensée s'exerce. Il devient la manière dont la pensée se remet en mouvement, hors des dispositions qui en règlent l'usage. Dans Barberousse, l'éducation n'est pas le thème du film, mais la portée nouvelle qu'il donne au cinéma.